Le 25 avril 2008, je compte entreprendre le parcours pédestre du Puy-en-Velay (Haute-Loire) à Santiago-de-Compostela (Espagne), et je souhaite parcourir ce “camino” accompagné d’un âne.
Ce projet me tient à cœur depuis des années et des années !
Nos rêves ne sont-ils pas faits pour les réaliser ou tenter de les réaliser, un jour ?
Un âne comme compagnon ?
Et pourquoi ?
Lorsque je suivais ma scolarité au Collège St-Charles à Cavaillon (Vaucluse), nous avions un professeur de français, intéressant, pédagogue, patient, en un mot : formidable.
Il m’a (nous a) fait découvrir et aimer la littérature française, notamment.
Grâce à lui, j’ai appris différents textes et poésies.
Il est resté en ma mémoire de longs morceaux de poésie et je vous invite à lire (ou relire) ce poème que j’avais appris au temps jadis et que j’ai retrouvé dans son intégralité, grâce à internet.
J’AIME L’ANE …
J’aime l’âne si douxMarchant le long des houx,
Il prend garde aux abeilles
Et bouge ses oreilles,
Et il porte les pauvres
Et des sacs remplis d’orge.
Il va, près des fossés,
D’un petit pas cassé.
Mon amie le croit bête
Parce qu’il est poète.
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.
Jeune fille au doux coeur,
Tu n’as pas sa douceur :
Car il est devant Dieu
L’âne doux du ciel bleu.
Et il reste à l’étable,
Résigné, misérable,
Ayant bien fatigué
Ses pauvres petits pieds.
Il a fait son devoir
Du matin jusqu’au soir.
Qu’as-tu fait jeune fille?
Tu as tiré l’aiguille…
Mais l’âne s’est blessé :
La mouche l’a piqué.
Il a tant travaillé
Que ça vous fait pitié.
Qu’as-tu mangé, petite ?
T’as mangé des cerises.
L’âne n’a pas eu d’orge,
Car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde,
Puis a dormi dans l’ombre …
La corde de ton coeur
N’a pas cette douceur.
Il est l’âne si doux
Marchant le long des houx.
J’ai le coeur ulcéré :
Ce mot-là te plairait.
Dis-moi donc, ma chérie,
Si je pleure ou je ris ?
Va trouver le vieil âne,
Et dis-lui que mon âme
Est sur les grands chemins,
Comme lui le matin.
Demande-lui, chérie,
Si je pleure ou je ris ?
Je doute qu’il réponde :
Il marchera dans l’ombre,
Crevé par la douleur,
Sur le chemin en fleurs.
Francis JAMMES (02/12/1868 – 01/11/1938)
Qui a dit : bête comme un âne ?
Parfois, l’homme ne se comporte t’il pas comme le plus bête des animaux ?
Qui a associé le bonnet d’âne à la stupidité ?
Cet imbécile-là ne devait connaître ni la douceur, ni l’intelligence de l’âne !
L’âne est un animal intelligent, doux et affectueux.
Incompris des hommes et terriblement cantonné pendant des siècles aux travaux les plus pénibles, son nom-même est devenu le symbole de l’ineptie humaine.
Si un genre est inepte, sur notre Terre, c’est bien le genre humain et non pas l’équidé, fût-il Equus asinus !
Heureusement, les temps changent et ont bien changé !
Aujourd’hui de nombreuses associations militent pour la sauvegarde des différentes espèces d’ânes, notamment en France et en Europe.
Elles référencent et mettent en valeur cette espèce animale, elles font découvrir le bonheur et même l’avantage d’en posséder, et les services et même l’équilibre qu’il apporte auprès des publics divers tels que les enfants, les personnes souffrants de troubles psychologiques et/ou moteurs, etc …
Depuis ma tendre enfance, j’éprouve une affection toute particulière pour l’âne.
Peut-être en étais-je un dans une autre incarnation ?
Est-ce idiot ?
Vous me le direz ?
Eh, bien suivez-moi, sur les chemins de terre, parcourus depuis plus de 1.100 ans par les pélerins, croyants et non-croyants, en route pour St-Jacques-de-Compostelle (Santiago-de-Compostela).
A bientôt mes ami(e)s !
